Il était une fois dans un pays très très lointain et très très froid, deux jeunes et intrépides reporters sans frontières.
Une vieille sorcière rabougrie et fan de perruches neurasthéniques et complexées, leur jeta un vilain sort, les obligeant à quitter leur Burlington adoré pour the dangerous canadian wilderness.
Heureusement, avant de partir à l'aventure, elles purent faire le plein de bonne humeur (et de liqueur) chez leur amie la sage Magoo, qui fêtait son 220ème anniversaire entourée de ses amis les lutins canadiens, qui parlent un dialecte étrange (Passe moué un breuvage, tabarnac !).

Autant vous dire, lecteurs, que chevaucher leur fidèle destrier Toyotayaris (Tata Yoyo pour les intimes), ne fut pas aisé le lendemain, car le monde était redevenu totalement hostile durant la nuit (sûrement l’œuvre de quelque chat ronronnant entendu durant leur sommeil) : lit qui tangue au réveil, cheveux ensorcelés (poussant à l’intérieur du crâne), colocataire italien leur proposant des beans au ketchup à la sortie du lit, fidèle destrier Toyotayaris marquée au fer rouge par la police montée canadienne... (au Canada on ne laisse pas sa monture n’importe où, sous peine de sévère réprimande).

Fuyant cet environnement vindicatif, elles enfourchèrent Toyotayaris et galopèrent vers le soleil couchant (l’Ouest pour les blondes d’entre nous…) à travers des paysages plus que linéaires. Après ce qui leur sembla être des siècles, nos deux comparses arrivèrent ainsi à Owen Sound, une charmante bourgade au bord du lac Huron, à la base de la Bruce Peninsula, sans trop d’encombres. Elles y trouvèrent une auberge bien confortable où crécher, un bon chinois où faire ripaille, ainsi qu’un Tim Hortons pour le petit-déjeuner, quand le soleil vient de se lever…

Malheureusement même au bord du lac Huron, la Méchante Sorcière de l’Est les poursuivait, accompagnée de ses 3 complices : Grisou-la-grisaille, Brume-la-brume et Glacial-le-froid-glagla. Elles les combattirent maintes fois sans jamais perdre espoir : d’abord sur Sauble Beach (remarque du routard : la plus belle plage de l’Ontario), puis à Tobermory (rdr : spot de plongée internationalement connu), sur des routes loooongues (heureusement l’ange Mika, Saint-Patron de la boite-de-naïte, était là pour les encourager : « Relax, take it easyyyyyy »), dans des marais peu engageants (et regorgeant sans doute de RTI (Rongeurs de taille inhabituelle)), et puis encore à Wasaga Beach (rdr : plus longue plage d’eau douce du monde).


A la tombée de la nuit, les courageuses chevalières se virent contraintes à la retraite, et passèrent la nuit dans le village de Midland, au motel du poney fringuant. Et là, ô miracle : la douche comportait un pommeau de douche (mais qui a osé un jour inventer une douche où le truc n’est pas amovible, et où tu te prends invariablement la flotte en pleine tronche ?). Se trouvaient aussi des mets succulents et diététiques à proximité (pizza-pizza et coke diète), ainsi que Desperate Housewives à la télé.

Mais le réveil le lendemain fut d’un autre registre ! La terrible Sorcière et ses 3 acolytes étaient toujours là et pire : Ils avaient rameuté leur pote Putain-Jay-la-Poisse ! Tous les sites où elles se rendirent, à la recherche de réconfort (si siiii dans le pays de Barbie et des Bisounours, un joli paysage est toujours réconfortant…) étaient clos pour la saison !! Par ailleurs, le fourbe Putain-Jay avait ensorcelé tous les canadiens (hommes, femmes, enfants, vieillards, arbres) pour qu’ils érigent propriétés privées et forêts maléfiques, entre elles et tous les paysages remarquables. Autant vous dire qu’elles n’étaient pas sorties du bois.

Seul rayon de soleil de la journée : leur rencontre avec une bonne-fée-volontaire-dans-un-parc-naturel (ouvert lui, elle avait su combattre Putain-Jay avec ses Mésanges à tête noire et leur cri féroce : Cheeek-aa-deee-deee !!). Cette bonne fée leur offrit un feu de bois quand il faisait froid, ainsi qu’une découverte de son marais, où le seul rongeur croisé fut un RMTH (rat musqué de taille habituelle).

Peut être n’est-ce pas d’une clarté limpide au travers du récit de leurs épiques batailles, mais Dame Cécile et Dame Pauline se dirigeaient alors progressivement vers le Nord-Ouest de l’Ontario, dans le but désespéré de s’éloigner prestement de la sphère d’influence de la méchante-pas-belle-vilaine sorcière.
Durant des jours et des jours (bon oui, c’est un peu exagéré, mais on est lyrique ou on ne l’est pas), elles traversèrent des paysages désolés et désertés suite à l’attaque des 5 brigands (si si faites le compte, ils sont 5). Seul leur courage, leur amour impitoyable (Dalaaaaas) de la Nature, la ténacité de leur fidèle monture Toyotayaris (au bon lait de brebis), et les encouragements de leur Muse (sing for absoluuuuuution I wiiiiiill be singing and falling from your graaaace…) leur permirent de percer à travers tout ce gris et cette hostilité.


Car oui, elles y étaient ENFIN arrivées, elles étaient alors au pays merveilleux de Candy (Huntsville de son vrai nom, mais on le dit jamais dans les contes, c’est un nom qui fait trop peur aux pitis Nenfants) : jolie villounette toute éclairée, boutiques, vendeur-charmant (le vil manant ayant malheureusement résisté au sourire charmeur de nos deux aventurières fit payer à Dame Pauline son caleçon-ours-coup-de-cœur), bonne pitance et lit douillet pour la nuitée.

Le lendemain matin (l’empereur, sa femme et le petit prince) elles eurent bel et bien confirmation que oui, c’était bien vrai, elles avaient définitivement atteint le Paradis : ciel bleu, air frais (mais plus froid) et parc naturel géant (Algonquin Park = 7630km²) rien que pour elles !! Ce fut la folaïe totale : glissades dans la boue pour prendre des photos artistiques, domptage de bêtes très sauvages (visualisez vous Blanche-Neige faisant le ménage dans la maison des 7 personnes-de-petite-taille : c’est parfaitement ça !), éblouissage par tant de beauté (enfin accessible !!), et analyses architecturales de constructions étranges rencontrées sur leur chemin.




Elles profitèrent une dernière fois de la ville de Candy (re-boutiques, re-restaurant, re-lit-douillet et tout et tout), s’emplirent tant que possible de tout ce bonheur à l’état pur (les produits laitiers, des sensations pures…), puis prirent bon gré mal gré le chemin du retour. Après tant d’aventures palpitantes et passionnantes (n’est-ce pas ?) il leur fallait à présent retrouver tout le poids de leur destinée (Destinée, nous étions tous les deux destinés (merci Guy Marchand)) : affronter l’horrible Sorcière, son Rico hermaphrodite au cri-de-la-mort-qui-tue-surtout-le-matin-à-six-heures, et ses compères menaçants (Grisou-la-grisaille, Brume-la-brume, Glacial-le-froid-glagla et Putain-Jay-la-Poisse), pour les dernières semaines qui leur restent sur le continent américain (et elles s’épousaillèrent, eurent plein de lardons et vécurent heureuses jusqu’à la fin des temps, mais ça c’est seulement dans les contes de fée, faut pas vous leurrer, hein !).

Remerciements (en vrac) :
A Magalooo pour avoir fêté 22 ans comme il se doit, même en pays hostile,
A Kwan pour être parti en Chine en nous laissant sa chambre et ses chats,
A Sophie, notre fidèle acolyte canadienne qui n’avait pas pu nous suivre dans cette épopée mais nous a offert 10$ d’essence,
Au chat noir pour ne pas avoir hurlé à la mort cette nuit là,
A notre chef Patricia pour avoir été tellement désespérée de nous trouver quelque chose à faire qu’elle nous a donné des vacances,
A notre fidèle éditeur : blogger,
A tous nos fans qui nous laissent des messages,
A notre fidele destrier Toyotayaris qui n’a pas sourcillé dans l’adversité et a consommé très peu de foin,
Aux autochtones avec qui nous avons échangé quelques bases de vocabulaire (What’s-the-fuck-ever et Poutain-dé-bordel-dé-la-mérde),
A nos parents pour nous avoir créées aussi parfaites que nous le sommes…non c’est une blague, on sait qu’on n’est pas des cadeaux ;)